La mort quotidienne

Alexandre Bonnier

La Mort quotidienne est une méticuleuse chasse aux signes et aux sensations de la mort dans le corps même de l’écrivain. “Je m’épie et m’écoute”, déclare Alexandre Bonnier dans l’une des cinquante-cinq séquences qui composent l’ouvrage. Mais il s’agit-là d’une écoute qui tourne le dos au réalisme et à l’anecdote ; à tout épanchement. On y atteint le cœur de la littérature grâce à la constante liberté du ton, à l’acidité dandy : à un humour décapant qui pourrait faire penser à celui du Maurice Roche de Maladie Mélodie. Un désespoir vibrant et tonique anime ces pages et fait de ce livre sur la mort un véritable art de vivre avec sa pratique inséparable de sa philosophie.

  • un volume de 84 pages au format 125 x 190 mm
  • dessin de couverture de Lars Fredrikson
  • mars 2016
  • ISBN 978-2-905357-12-0
  • 8 €
À ce propos

Voyage sur un fantôme. Rome, le scooter, et ma mère

Jérôme Orsoni

Voyage sur un fantôme. Rome, le scooter, et ma mère est une géographie du possible, une déclaration d’amour à Rome, une lamentation sur le corps défunt, un hymne à l’invention de soi. On y chemine avec Nanni Moretti, Pier Paolo Pasolini, Jacob Burckhardt, Friedrich Nietzsche. On demande son chemin à quelques situationnistes en mal d’orientation. On y croise Stendhal et Audrey Hepburn. Avant de dialoguer, in fine, avec le chat d’Antonio Gramsci. Parce qu’après tout, en voyage, ce qui importe c’est de se poser les bonnes questions – et de les suivre en attendant de voir où elles nous mènent.

  • un volume de 144 pages au format 155 x 215 mm
  • dessin original de couverture de Jacques Stéfani
  • octobre 2015
  • ISBN 978-2-905357-11-3
  • 14 €
À ce propos

Deux parfaits inconnus

Michele Tortorici

Odetta, Romaine d’âge mûr qui, ancienne libraire, loue une partie de son appartement du quartier San Lorenzo à des étudiants, se livre, dans cette première fiction de Michele Tortorici, à deux longues conversations : d’abord avec un électricien venu effectuer une réparation à son domicile entre midi et deux puis avec un nouveau locataire, arrivant ce même après-midi d’un dimanche d’hiver.

Dialogues ? Pas vraiment car elle est seule à parler : une loghorrée où elle passe du coq à l’âne et dont elle renoue les fils avec une parfaite maestria. Monologues ? Pas vraiment non plus : ses phrases laissent constamment deviner les réponses de ses interlocuteurs ainsi que leurs gestes ou mimiques.

Sûre d’elle, ne redoutant ni sujet leste ni confession intime, l’intarissable logeuse est dotée d’une vaste culture embrassant les moindres répliques de Totò, le football, la linguistique,  l’œuvre de Dante – qu’elle peut citer de tête et commenter –, la philosophie, l’économie, bien sûr la politique, etc. Un savoureux pêle-mêle de cocasseries, réflexions fines, jugements à l’emporte-pièce et, surprenantes pour les deux « parfaits inconnus » qu’elle a en face d’elle à tour de rôle, confidences sur sa vie privée – celles-ci livrant à la fin un étonnant secret.

Texte d’un allant continuel, tout d’humour et d’écoute et qui parfois n'est pas sans rappeler Au but, l'une des grandes pièces de Thomas Bernhard, Deux parfaits inconnus met en scène, littéralement, ce personnage remarquablement vivant et complexe qu’est Odetta et, par sa virtuosité narrative, sait faire du lecteur un autre interlocuteur – le troisième, comme caché mais non le moindre. 

  • un volume de 96 pages au format 135 x 185 mm
  • traduit de l'italien par Danièle Robert
  • dessin de couverture de Catherine Chevolleau
  • novembre 2014
  • ISBN 978-2-905357-10-6
  • 11 €
À ce propos

De la nature des lièvres

Anne Cauquelin

 

En écho de Court traité du fragment – l’essai décisif qu’elle a donné à l’esthétique en 1986 –, Anne Cauquelin propose, avec De la nature des lièvres et à partir d’une attention vive et affectueuse à l’œuvre de Daniel Arasse, une réflexion aiguë, enjouée, sur la question du pan, du fragmentaire, de la diffraction du sens en peinture, en art, dans le texte. Interrogation générique se portant à sauts et à gambades sur les petites formes, sur le paragraphe et les isolats, sur la suspension, sur le dandysme du retrait et quelques singularités animales ; affaire elle-même coupée-découpée, elle-même fragmentaire comme il ne pouvait en l’occurrence que se devoir. Dans les rebonds paragraphés de la pensée, ses bouffées autobiographiques, dans un dispositif où images, rêves, idées, souvenirs et sons se versent en écriture, en elle se déposent selon leur ordre propre et s’y composent comme naturellement, De la nature des lièvres, livre d’immédiate tension-instauration ludique (et savante, c’est tout comme), donne à lire une poétique de l’éclat-multiple : un feu artiste – une philosophie dansée. 

  • un volume de 72 pages au format 155 x 215 mm
  • vingt dessins originaux de l'auteur
  • février 2014
  • ISBN 978-2-905357-09-0
  • 12 €
À ce propos

À l'ombre de l'autre langue. Pour un art de la traduction

Antonio Prete

 

Fruit d’une rencontre privilégiée entre deux langues, deux histoires propres, deux sensibilités, la traduction a pour but, par les vertus d’hospitalité, d’écoute, d’imitation, de musicalité, d’imagination, de transposition, non de pâlement copier le texte original — bien qu’elle prenne corps à son ombre — mais d’opérer sa pleine et entière métamorphose. Elle est ainsi la meilleure interprétation que l’on puisse donner d’une œuvre littéraire, le plus bel hommage rendu à sa force et un véritable acte de création.

C’est ici ce que développe Antonio Prete, à la lumière d’abord de Leopardi et de Baudelaire, auxquels il associe dans ses réflexions sur l’acte de traduire d’autres écrivains : Cervantes, Borges, mais aussi Mallarmé, Rilke, Jabès, Bonnefoy (qu’il a traduits) et Benjamin.

Dans À l’ombre de l’autre langue son propos n’est pas tant de proposer une théorie du traduire que d’interroger, du point de vue du poète, prosateur, exégète et praticien fervent de la traduction qu’il est lui-même, la relation intime qui s’établit entre un traducteur et un auteur et ce qui se joue alors ; ce qui lui fait dire : « Traduire un texte poétique a la même intensité qu’une expérience amoureuse. »

  • un volume de 128 pages au format 135 x 185 mm
  • traduit de l'italien par Danièle Robert
  • dessin original de couverture de Catherine Chevolleau
  • août 2013
  • ISBN 978-2-905357-08-3
  • 14 €
À ce propos

L'Ordre animal des choses

Antonio Prete

 

L’ordre animal des choses est caché dans les plis du pouvoir humain sur le monde. Ouvert à la mémoire et à l’imaginaire, il est son contrepoint secret, et comme innocent :sans le moi, habité par le silence des origines, dont les hommes sont exilés. Maintenant intacte la force initiale de la présence, il fait se croiser des animaux réels, mythiques, fantastiques, et quelques humains.

Dans les récits qui composent L’Ordre animal des choses Antonio Prete nous invite à parcourir un univers parallèle à celui qui pour la plupart d’entre nous est seul à exister. Univers où les repères soudain sont perdus — les certitudes abolies, les points de vue modifiés. Il revient là au cœur des thèmes qui parcourent son œuvre, fondent sa réflexion : le sentiment d’étrangeté, d’éloignement, la nostalgie (celle d’abord d’une pureté perdue), la frontière entre nature et culture, la relation entre l’animal et l’humain, ses porosités — la clé de voûte de l’ensemble étant le langage, véritable instrument de métamorphose.

Passant de la gravité à la légèreté, de la mélancolie à l’humour, sa phrase incarne cette mise en crise d’un monde sûr de son pouvoir dont elle redessine les contours grâce au regard porté sur lui par des êtres qui parlent une autre langue. Labile, inventive, elle offre une fresque subtile, toute de correspondances, dont la contemplation nourrit les parts les plus rêveuses de notre esprit.

  • un volume de 96 pages au format 135 x 185 mm
  • traduit de l'italien par Danièle Robert
  • dessin original de couverture de Catherine Chevolleau
  • septembre 2013
  • ISBN 978-2-905357-07-6
  • 11 €
À ce propos